GEOLOCALISATION

Un an de suivi …

Le développement de GLS miniatures permet d’apporter un nouvel éclairage sur la migration  et les  zones d’hivernage des tourterelles des bois se reproduisant dans l’Ouest de la France.

Détermination à l’aide de GLS des voies et haltes migratoires d’un migrateur trans-saharien: la tourterelle des bois

Cyril Eraud, Marcel Rivière, Herve ́ Lormée, James W. Fox, Jean-Jacques Ducamp & Jean- Marie Boutin

PLoS ONE 8(3): e59396. doi:10.1371/journal.pone.0059396

L’identification des voies et haltes migratoires mais aussi ses zones d’hivernage constituent une étape importante dans la compréhension des stratégies migratoires des oiseaux entre le Paléarctique et l’Afrique. Ce sont également des informations cruciales pour la mise en oeuvre de stratégies de conservation pertinentes à destination des migrateurs trans-sahariens. Grâce au déploiement de GLS miniaturisés, nous décrivons ici les résultats issus d’un an de suivi sur un migrateur trans-saharien granivore: la tourterelle des bois (Streptopelia turtur). Les données issues de 5 GLS analysés apportent un éclairage nouveau sur les trajets migratoires et les zones d’hivernage de tourterelles des bois capturées en période de reproduction dans l’Ouest de la France.

Les résultats confirment que les tourterelles des bois hivernent en Afrique de l’Ouest. La principale zone d’hivernage recouvre l’Ouest du Mali, le Delta intérieur du Niger, et la zone frontalière entre le Mali et la Mauritanie. Chez certains oiseaux, cette zone s’étent jusqu’au Nord de la Guinée, le nord-ouest du Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.

Nos résultats montrent que les oiseaux ne passent pas tous l’hiver sur un seul site: certains vont au cours de l’hiver se décaler de plusieurs centaines de kilomètres vers l’Est. Nous avons aussi mis en évidence une migration en boucle, avec une voie de migration postnuptiale située plus à l’Ouest que la voie de migration prénuptiale. Enfin, nous montrons que lors de leur remontée vers l’Europe, les tourterelles des bois doivent faire des haltes de plusieurs semaines après avoir traversé le Sahara pour reconstituer leurs réserves énergétiques; ces haltes migratoires se situent a priori dans le nord du Maroc et de l’Algérie. Ce dernier résultat apporte une information originale et importante pour la définition  de mesures de conservation car les conditions environnementales que rencontrent les oiseaux sur ces sites de halte migratoire peuvent jouer un rôle clef dans la dynamique de population de cette espèce en déclin.

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