VALÉRIE

Nom :
VALÉRIE
N° de Balise Argos :
158001
N° de Bague :
GY128200Hélène
Site de capture :
LES-GRANDES-CABANES (13)
Date de pose :
29/05/2016
Heure de pose :
07:50
Poids :
159 g
Longueur aile pliée :
xxx mm
Sexe :
M

Valérie, comme Jessica, a été capturée et équipée début juin 2016 en Camargue, sur le site des Grandes Cabanes (Bouches du Rhône). C’est un ancien domaine de chasse, racheté par le Conservatoire du Littoral, et dont la gestion a été confiée à l’O.N.C.F.S. Valérie reste toute la saison de reproduction sur le site et ne va entamer sa migration qu’assez tardivement puisqu’elle quitte son site de reproduction le 17 septembre en fin de journée. Elle va alors déjouer tout nos pronostics sur son éventuel couloir de migration, puisqu’elle ne va passer ni par l’Espagne, ni l’Italie, ni la Corse-Sardaigne… Elle va en fait partir plein sud, survoler la mer Méditerranée pendant près de 400 km, et rejoindre en une seule nuit l’archipel des Baléares, atterrissant  sur l’île de Minorque! Elle semble peu fatiguée par cette 1ère étape puisque la nuit suivante (18 septembre) elle repart aux alentours de 20h00, à nouveau plein sud, cap sur l’Algérie, 300 km plus loin. Cette traversée se passe bien et Valérie atteint le Nord de l’Algérie le 19 septembre, stationnant dans des massifs montagneux boisés à environ 800-900m d’altitude. La traversée de la mer Méditerranée semble ne pas l’avoir affectée puisque le soir même elle repart vers le sud, franchissant d’autres massifs montagneux à plus de 1000 m d’altitude. Le 20 septembre elle a parcouru 300 km vers le sud, et fait cette fois une vraie halte migratoire jusqu’au 25 septembre. Elle séjourne alors dans la partie Nord du Sahara, dans un secteur où subsiste encore de la végétation sèche et très probablement des points d’eau. A partir de cette date, elle va traverser le désert saharien avec une régularité impressionnante: ainsi le 26 septembre elle a parcouru près de 570 km et atteint le massif de l’Adrar, le 27, 570 km dans le même axe pour arriver sur les confins méridionaux de  l’Algérie, le 28 encore 670 km toujours vers le sud; elle atteint alors les berges du fleuve Niger en plein Mali, 166 km à l’Est de Tombouctou. A cet endroit il y a peu de zones cultivées autour du fleuve, le désert étant encore omniprésent. Mais le périple n’est pas encore tout à fait terminé! entre le 29 et 30 septembre elle parcourt encore 66 km, puis entre le 1er et le 2 octobre 118 km, toujours plein sud. Elle atteint alors le sud du Mali, à 60 km de la frontière avec le Burkina Faso. Depuis cette date elle n’a pas bougé, et cela fait maintenant plus de 2 mois qu’elle réside dans un même secteur ou alternent zones de savane et zones plus humides. Valérie révèle donc bien une nouvelle voie migratoire empruntée par une part de la population nicheuse française… A la date du 7 février, Valérie confirme qu’elle est extrêmement casanière, puisqu’elle a tout au plus bougé d’à peine 28 km (entre le 6 et le 7 janvier) vers l’Ouest. Elle a donc pour l’instant passé la totalité de son hivernage dans le district de Mopti, au pieds des splendides massifs montagneux des Hombori. Après cette longue période de stabilité, Valérie commence à se déplacer un peu plus à partir du 15 février: elle commence apparemment à prospecter des zones humides environnantes, dans un rayon d’une vingtaine de km de son plus récent site d’hivernage. Elle effectue ainsi plusieurs boucles, puis se décantonne le 18 février sur une autre zone humide un peu plus au Nord-Est. A partir de ce nouveau site, elle effectue de nouvelles boucles vers un site cette fois plus au sud, à environ 17 km, qui ne semble pas être une zone humide mais qui est en revanche assez riche en végétation arborescente. Il est possible que ce changement récent de comportement de Valérie résulte de l’avancée de la saison sèche, qui l’oblige à quitter ses quartiers d’hivernage où les ressources s’épuisent, pour prospecter de nouveaux sites où subsistent encore de l’eau et de la nourriture… De fin février jusqu’au 8 avril, Valérie continue à stationner successivement sur différents points d’eau ou zones humides, généralement distants les uns par rapport au maximum de 16 km. Le 16 avril elle augmente l’ampleur de son déplacement, et remonte 70km vers le Nord-Ouest, pour s’arrêter devant les 1ères dunes sahariennes. Elle séjourne en bordure d’un grand point d’eau jusqu’au 22 avril, et remonte encore le 23 de 110 km. Elle arrive alors sur les berges du fleuve Niger (115 km à l’Ouest de là où elle s’était arrêtée à la descente) où elle séjourne encore. Le 30 avril Valérie tente une 1ère traversée du Sahara: elle monte 245 km plus au Nord mais rebrousse chemin et revient sur les berges du fleuve Niger. Elle y stationne jusqu’au 11 mai. Dans la nuit du 11 au 12 mai, elle retente sa chance: elle parcourt 530 km et se pose alors en plein désert pendant la journée. La nuit suivante, elle parcourt à nouveau 57 km dans la même direction, mais pour une raison inconnue elle cesse d’avancer. La balise va encore émettre quelque temps puis cesser définitivement d’émettre. L’axe suivi par Valérie lors de ce début de remontée laissait suggérer qu’elle visait le Maroc, ce qui confirme l’originalité du trajet de cet oiseau. Dans le futur, il serait intéressant de savoir si ce trajet est marginal ou représentatif des oiseaux qui se reproduisent dans le Sud-est de la France (et peut-être l’Est de l’Espagne?). Il faudrait pour cela redéployer encore quelques balises Argos dans la même région…

Mise à jour: 07/07/2017

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